littérature contemporaine, littérature italienne

Dans la mer il y a des crocodiles – Fabio Geda


Quand vous lirez cet article, cela fera plus de deux que j’aurais lu ce livre, ce qui signifie que je l’ai lu exactement pendant la semaine du 13 Novembre. C’est surement ce qui aura rendu ma lecture si longue, si lente. Je ne voulais pas publier cet article pendant le mois scandinave et je ne voulais pas non plus le publier pour Noël. A Noel, je veux des paillettes, des contes, du Dickens, des enfants qui rient, des Disney, mais loin de moi les sujets trop sérieux.

Enaiat a dix ans lorsque sa mère l’oblige à fuir leur petit village de Nava, dans la vallée de Ghazni, en Afghanistan. Elle l’abandonne de l’autre côté de la frontière, au Pakistan, pour le protéger car Enaiat appartient à l’ethnie des Hazaras, persécutée par les Pachtounes et les talibans. Pour lui débute alors un périple de cinq années jusqu’en Italie en passant par l’Iran, la Turquie et la Grèce.

Dans ce roman, le jeune Enaiatolah nous explique son parcours de l’Afghanistan en Italie. Au cours des pages, on oublie souvent l’age de ce garçon. En effet, Enaiatolah commence son parcours à 10ans et arrive en Italie vers l’age de 14ans. Ce qui nous fait souvent oublier ce fait c’est la dureté des faits, des conditions de vie du garçon. Pour nous, occidentaux, il semble inconcevable qu’un enfant ait pu faire de telle choses, ait pu voir de telle horreur, ait pu vivre un tel stress.

Durant son discours, le narrateur ne s’attarde pas sur les noms, sur les descriptions, mais sur les ressentis, sur son vécu des événements et cela nous rappelle à quel point il est loin de toute valeur matérielle.

Peut être que la seule chose qui m’a un peu énervé dans ce livre… c’est les passages où l’auteur prend la parole. Alors que le narrateur explique les faits de manière très terre à terre, l’auteur vit dans un monde de bisounours qui, finalement, coupe le texte et casse le rythme.

Face à ce qui s’est passé il y a peu en France, on ne peut qu’etre touché par ce livre et par les horreurs que nous raconte le narrateur. Ce livre met les points sur les i en ce qui concerne l’ammalgame qui est, hélas, souvent fait sur les musulmans, sur les réfugiés, et sur la violence. J’étais en plein milieu de l’histoire quand ce fameux Vendredi 13 est arrivé. J’ai arête de le lire. C’était trop réaliste. Les mots prenaient un autre sens. Un sens que je me refusais de comprendre.

Au final, ce ne sont qu’une centaine de pages environs mais ce livre est une vrai claque, ça vous remet les pieds sur terre et je le conseille à tout le monde. Alors pour moi, c’est 4 étoiles, je lui enlève une étoile juste pour cette histoire d’auteur un peu trop intempestif.

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littérature italienne, nouvelles

A lire pendant l'été… Le K de Dino Buzzati

9782266122351Le monsieur là-haut, c’est un auteur que j’adore: Dino Buzzati. Je l’avais découvert au collège et j’ai adoré dès le départ, je vous en ai déjà parlé ICI aussi. Buzzati a vécu pas mal de temps à Milan et c’est aussi pour ça que j’aime ses nouvelles. Depuis que j’ai vécu en Italie, je ne vois plus ses récits de la même manière. Je vois Milan dans ses pages, son chaos, ses beautés, son coté mystérieux. J’ai lu un petit recueil de dix nouvelles dont l’une des plus célèbres: Le K.

Ce recueil rassemblait (pas dans cet ordre !):

  • Le K
  • Le Défunt par erreur   
  • À monsieur le Directeur 
  • L’Arme secrète 
  • Pauvre petit garçon !   
  • Chasseurs de vieux  
  • Le Veston ensorcelé 
  • Teddy Boys 
  • La Tour Eiffel 
  • Jeune fille qui tombe… tombe
  • Les Bosses dans le jardin 
  • Petite Circé 

Plus un extrait de roman que je n’ai pas lu parce que je suis très curieuse de lire le roman en entier.

Avec ce petit recueil, c’est un pas de plus dans l’univers de Buzzati. Pour celles qui veulent lire en italien, c’est l’auteur parfait car c’est un auteur assez moderne (pas de problème de dialecte !) et qui vous tien en haleine tout le long. Avec ces nouvelles, on passe vraiment du rire aux larmes. Entre Pauvre petit garçon, qui nous glace le sang à la dernière phrase de la nouvelle, La tour Eiffel qui nous fait rêver et Les bosses dans le jardin qui m’a vraiment émue, c’est un recueil complet.

Buzzati a cet incroyable talent pour se moquer du quotidien, pour décrire les petites choses de la vie, pour trouver la bonne métaphore. Ces nouvelles sont encore très actuelles et chacun peut se retrouver en elle.

Je sais que c’est une critique qui dit tout est rien mais il est difficile de critique 10 nouvelles d’un seul coup. Alors…juste, lisez les. Pour découvrir Buzzati en une dizaine de minute, vous pouvez déjà commencé par lire Pauvre Petit Garçon, je vous promet que vous allez y prendre gout:

PAUVRE PETIT GARCON EN LIGNE

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Fantastique, films et séries

Tale of Tales – Matteo Garrone

Dès que j’ai vu l’affiche de Tale of Tales, j’ai su que j’allais aller avoir ce film. Si vous suivez mes aventures cinématographiques, vous saurez qu’à chaque fois que je vais au cinéma avec quelqu’un, je finis par ne pas voir le film que je voulais voir, alors cette fois, j’y suis allée seule, comme une grande. Pour certain c’est un peu « cas soc’  » d’aller au cinéma seul, moi je trouve ça reposant, et puis de toute façon, le cinéma, c’est n’est pas vraiment un endroit où l’on peut discuter… Cela dit, parlons du film:

Il était une fois trois royaumes voisins où dans de merveilleux châteaux régnaient rois et reines, princes et princesses : un roi fornicateur et libertin, un autre captivé par un étrange animal, une reine obsédée par son désir d’enfant… Sorciers et fées, monstres redoutables, ogre et vieilles lavandières, saltimbanques et courtisans sont les héros de cette libre interprétation des célèbres contes de Giambattista Basile.

Tale of Tales est inspiré du livre « le conte des contes » de Giambattista Basile, un écrivain du 17ème siècle. J’aime beaucoup les contes et les légendes italiennes. J’avais lu Le Décameron de Boccace et j’avais beaucoup apprécié. Ce que j’aime, c’est ce coté strident que l’on retrouve souvent dans la littérature italienne. Tout pourrait bien se passer sauf que… Les intêrets de chacun ne vont jamais dans la même direction.

Avec ce film, on retrouve cette impression de beauté et de malaise propre à cette littérature. Comme pour son film Gommora, Matteon Garrone décide de nous décrire une atmosphère grâce à trois histoires, trois royaumes, trois familles. Chacune des histoires a sa morale bien précise mais le film se laisse mener par un fil rouge: les apparences sont trompeuses. Le tout est mis en scène de manière assez classique mais efficace, on entre dans le film, enveloppé par une sorte de poésie qui n’est pas assez présente pour nous perturber, c’est juste ce qu’il faut pour nous faire voyager. Il suffit de voir les photos ci-dessous pour vous rendre compte vous même de l’importance donnée aux couleurs, à l’atmosphère de chaque royaume.

A part Salma Hayek et Vincent Cassel, je ne connaissais personne. Encore Vincent Cassel me direz-vous ? Et oui ! Et pour le coup, il reprend son rôle de connard habituel mais son jeu est parfait. Mais en réalité, j’ai surtout était impressionnée par la jeune Jessie Cave que j’ai trouvé remarquable tout au long du film avec ses grands yeux, elle nous tient pendant tout le film. Elle sait se montrer douce et inoffensive puis rebelle et sauvage.

Je sais que ce film a partagé son public, j’ai même vu des gens partir avant la fin au cinéma. Pourtant, pour moi, c’est un sans faute, c’est le genre de film dont j’achèterais le DVD et que je regarderais bien une seconde fois, si ce n’est pas une troisième. J’aimerais lire les contes de Giambattista Basile mais j’ai cru comprendre qu’ils étaient écrit en Napolitain ce qui les met hors de ma portée et je n’ai pas trouvé de traduction française en magasin.Je sais que j’ai un petit public italien, si vous connaissez ses contes, savez vous s’il existe une version en italien littéraire ?

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Crime/policier, littérature italienne

Les raisons du doute – Gianrico Carofiglio

PicMonkey Collage
En ce moment j’aime tous les livres que je lis et tous les films que je vois. je pense qu je suis globalement heureuse et il m’en faut donc très peu pour que ça me plaise. je vais donc tenter d’écrire un article objectif.
C’est mon père qui m’a prêté ce bouquin. il l’a acheté pour lui mais ne l’a jamais commencé, alors, vu que je me plaignais de ne plus avoir rien à lire (!!), il m’a prêté ce livre.
Bon, ce livre est loin d’être un polar et c’est aussi loin d’être le meilleur que j’ai trouvé. je l’ai trouvé globalement bien mais je n’ai rien trouvé de transcendant. c’est ce qui m’a gêné.
Pourtant j’ai trouvé le début intéressant, un ancien fasciste se fait arrêter pour trafic de drogue, l’avocat qui est censé le défendre est il si bon que ça ? Où est la morale ? L’ancien facho serait il innocent alors que les hommes de loi ne le serait pas tant que ça ?
Néanmoins, je n’ai jamais réussi par être happé par ce livre, il n’y avait pas de suspens et finalement, on suit plutôt la psychologie du personnage principal que l’enquête. D’ailleurs, il n’y a pas vraiment d’enquête, le peu d’indice sont récoltés assez vite et d’un seul coup, ce n’est pas une recherche très développé, alors non, ne lisait pas ce livre pour l’histoire policière en elle même, ce serait une erreur, Alors pourquoi lire ce livre ? Et bien pour les questions qu’il soulève.
Quel rapport l’avocat doit il avoir avec son client ? Les gens peuvent ils changer ? Les choses sont elles toujours comme on croit qu’elles sont ? Quel est le rôle de l’habitude dans nos décisions ?
C’est cette dernière question qui m’a le plus marqué.
Est ce parce que « d’habitude » les événements se déroulent de telle manière qu’ils doivent toujours se dérouler ainsi ?
Pour moi qui fait de l’économie, qui parle souvent en terme de statistique, cette question est intéressante. Est ce parce qu’un fait est statistiquement probable qu’il va se réaliser ?

Alors, non, je ne vous le conseille pas, mais ce n’est pas un mauvais livre et je n’ai eu aucun mal à le lire !

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