Mon retour + critique de The Sweethearts de Lynn Russell & Neil Hanson

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Je sais que cela fait un bon moment que je ne suis pas venue par ici. Mes derniers articles étaient plutôt personnels et moins culturels. L’an dernier j’ai passé des moments difficiles et je n’avais plus envie de rien,  ni de lire, ni d’écrire, ni de partager, j’ai tenté de revenir mais vraiment, le cœur n’y était pas, je suis désolée pour ceux que j’ai délaissé. J’avais besoin de temps.

Peu à peu, je dois l’avouer, vous avez commencé à me manquer, passer sur vos blogs, lire vos avis, donner le mien. A force,  un de mes plaisirs de lecture, c’est aussi de partager mon avis avec vous alors j’espère que vous m’accueillerez aussi bien cette fois-ci que j’ai été accueilli la première fois.

Depuis que je suis en Angleterre, j’ai eu le temps de lire quelque livres vraiment pas mal. Je lis beaucoup plus lentement en anglais, alors mon rythme risque d’être bien loin de celui passé. Mais j’ai tout de même envie de partager mes quelques découvertes avec vous.

Il y a quelque mois, je vous parlais de mon passage à York que j’avais adoré. Cette ville a une particularité, c’est d’avoir eu l’une des plus grandes industries du chocolat du pays. Aujourd’hui, ces industries appartiennent à Nestle, mais dans le temps, elle faisait partie du groupe Rowntree. Ainsi, quand j’étais là bas, j’en ai profité pour acheter « The Sweethearts ».

L’histoire tourne autour de cinq femmes de différentes générations (ou presque) qui ont travaillé pour Rowntree:

  • Madge ayant commencé à travailler au début des années 30 à l’age de 14 ans.
  • Florence qui arrive à la fin des années 30 à l’age de 14 ans.
  • Eileen commence à travailler à 16 ans en 1951.
  • Dorothy, elle, commence à l’age de 14 ans en 1950.
  • Et finalement Maureen commence à travailler chez Rowntree en 1959.

C’est trois époques différentes : avant guerre, juste après guerre, et juste avant le début des années 60 qui se veut plus moderne, novateur et aussi moins pauvres. Cinq caractères différents, et une incroyable évolution des mœurs, du statut de la femme.

Au fil des pages, on se prend d’affection pour ces jeunes femmes qui démontrent du courage, de la patience et un bon tempérament. Rowntree était une entreprise très avancée en ce qui concerne le droit du travail, des femmes et je dirais même presque, au niveau du management.

J’ai trouvé cela incroyable de voir le lien si fort entre la vie personnelle et professionnelle de ces femmes qui avaient une vrai passion et je dirais même dévotion pour le lieu où elles travaillent. comment l’entreprise donnait une impulsion à toute la ville de York. C’est toute l’évolution du féminisme au cour de ces quelques pages mais aussi une réelle critique du monde du travail actuel.

Un passage m’a énormément marqué et bien que j’ai lu le livre il y a maintenant des mois, je continue à y penser.

Vers la fin, Madge confectionne les boites pour les chocolats, tout est peint et plié à la main. Elle explique alors comment pendant toute sa carrière, l’apprentissage a été important, comme son travail était minutieux et demandait de la réflexion et de la concentration, même au début quand elle ne faisait qu’emballer les chocolats dans de petits papiers. Chaque chocolat se devait d’être parfait, un petit trésor caché dans un joli papier. Les femmes travaillaient en chantant, en parlant, en rigolant et ainsi leur tête  (et le coeur ) n’était jamais vide.

 Au contraire, à la fin de sa carrière, les machines avaient remplacé les hommes et le travail des nouveaux employés ne se limitaient qu’à appuyer sur des boutons au bon moment. Le bruit des machines étaient tel que plus personne ne chantait, plus personne ne parlaient et riait encore moins. Les imprimantes ont remplacés les petites mains et l’expérience passée n’a plus servi à rien. Alors, les femmes se sont mises à travailler moins d’heure, dans des positions moins fatigantes, néanmoins le travail était devenu abrutissant, sans aucune raison d’être et la fierté de sa position s’est envolée.

Comme vous savez, j’ai eu une très mauvaise expérience sur mon ancien lieu de travail et ce genre de récit me touche toujours plus de voir comme « le progrès » a souvent déshumanisé le travail au nom de l’efficience, de coût, de revenus. J’ai trouvé que c’était un regard très nostalgique mais aussi très juste sur le présent et les améliorations de notre temps (surtout au niveau du sexisme).

Bref, si vous passez en Angleterre et si vous trouvez ce livre en France, je vous le conseille réellement !

C’est 4 petites tasses bleues pour moi !

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Londres #5 – Réflexion nocturne

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J’ai tout à fait conscience que ce titre ressemble à une certaine chanson d’une certaine Diam’s.

Après avoir écrit l’article précédent, il me semble important de vous expliquer mes sentiments sur tout ce qui s’est passé puisque j’ai tendance à m’arrêter sur les faits plutôt que sur mes pensées.

Même après avoir reçu le coup de fil officiel qui disait que j’avais été prise, je n’arrive pas à me persuader que c’est parce que j’ai été bonne pendant les entretiens. Je continue à chercher le hic dans l’histoire. Lire la suite

Londres #4 – re-loopings émotionnels

img_1848Bref, j’ai finis dans un appart dégueulasse sans trop savoir comment.

Mais faisons un petit pas dans le passé, puisqu’avant cela, j’ai surtout le deuxième entretien.

Le vendredi matin, tout menaçait de bien se passer. Je me lève, je me connecte à internet et à 9 heures précise, l’email avec les exercices arrive… il s’agit de trois petits exercices à remplir dans les pièces jointes puis à renvoyer dans une heure. Facile Lucile.

Jusqu’à ce que je me rende compte qu’il n’y a pas les pièces jointes.

Je tente d’appeler l’entreprise, ça ne répond pas, je tente d’appeler James, en vacances. Finalement, à 10.00, je reçois un e-mail d’excuse pour ce fâcheux oubli, est ce que je peux faire les exercices maintenant ? Je Check ma montre, je commence à 12.00, j’ai encore une heure devant moi, oui, je peux faire le reste des exercices maintenant.  … plus de réponse.. 10min, 15 min… 20min… finalement je reçois le mail avec les pièces jointes à 10.30. J’ai une demie heure/trois quart d’heure pour faire ce qui est d’habitude prévue en une heure. Les doigts dans le nez Daphné.

Je fais ça en furie, je t’envoie tout ça dans un e-mail avec une faute par ligne et je pars travailler, sûre et certaine que ça a été un désastre.

Heureusement le travail me fait passer le temps et le staff du restaurant est super gentil avec moi. Oui, car je ne vous ai jamais parlé de mon boulot au resto. Et bien c’est parce que c’est le seul endroit dans cette ville où tout se passe bien. Ils sont gentils, ils m’aident, ils sont même prêt à me faire faire une formation spéciale Saké (c’est un restaurant japonais !)

Le week end passe et…aucune nouvelle de l’agence immobilière et la saleté de l’appartement où ils m’ont mise me rend malade. Je leur pose des questions… rien. Je leur demande de m’écrire un email où ils précisent que l’appart où ils me logent est à leur frais … mais cet e-mail ne vient jamais. Je suis de nature positive, mais il faut pas pousser le bouchon… (Maurice !)

Le mardi, James m’appelle, les tests se sont bien passé, tout va bien néanmoins ils voudraient me présenter à une nouvelle manager qui n’est pas encore arrivée dans l’entreprise. Génial James, Pas de problème James. Jien sûr que j’aimerais la rencontrer James, trois entretiens pour un poste d’assistante c’est pas banale mais d’accord . Je lui donne mes horaires de boulot.

Le lendemain, en proie au stress pour l’appartement, je vais bosser sans nouvelle de James, chaussures de sport, cheveux gras coincés dans une queu de cheval – de toute façon au boulot, j’ai un bandana !

James m’appelle, La manager serait prête à me rencontrer ce soir dans un café près de mon boulot. Qu’elle est mignonne.

J’explique à James que je ne suis pas vraiment habillée pour rencontrer ma potentielle future manager – pas de problème mon cœur, elle ne veut que discuter avec toi, elle se fichera totalement de tes chaussures !

… j’ai accepté et j’ai réussi à finir une demie heure plus tôt pour courir à Mango m’acheter un haut blanc, changer mes chaussures et me tresser les cheveux. J’ai rencontré La charmante petite manager à peine plus vieille que moi et nous avons parlé de tout sauf de travail.

Le lendemain, je recevais un appel de l’agence immobilière ils ne savent toujours rien, pas vraiment, c’est pas sûr mais ce qui est sûr c’est que cette semaine dans l’appartement dégueulasse est gratuite mais la suivante sera payante. Je finis par pousser une méga gueulante et finalement on me dit ce qu’il en est: le problème d’électricité est beaucoup plus important que prévu, cela peut mettre des semaines à être réparé néanmoins, ils n’ont aucunement l’intention de me loger gratuitement une semaine de plus et n’en sont pas obligés puisqu’EUX n’ont pas signé le contrat. Et là je réagis: j’ai signé le contrat, mais l’agence devait contresigner le contrat le jour de l’échange des clefs. Je me suis faite avoir. Ils n’ont aucune obligation envers moi.

Résultat ? Je me met à gueuler encore plus fort et j’arrive à me faire rembourser entièrement et à imposer ma présence dans l’appartement pourri jusqu’à la fin de la semaine. Je n’ai plus d’appart et j’ai seulement deux jours sans travail pour en trouver un.

1 heures plus tard, James m’appelle. J’ai le job, je commence dans une semaine.

Joie – stress – joie – stress , je ne sais pas, je suis heureuse tout en étant stressée !