Lignes de faille – Nancy Huston

lignes_de_failleD’abord, je remercie Valentine pour m’avoir offert ce livre. Je sais que cela aura été le résultat de recherches minutieuses !

Entre un jeune Californien du XXIe siècle et une fillette allemande des années 1940, rien de commun si ce n’est le sang. Pourtant, de l’arrière-grand-mère au petit garçon, chaque génération subit les séismes politiques ou intimes déclenchés par la génération précédente. Monstrueuses ou drôles, attachantes ou désespérées, les voix de Sol, Randall, Sadie et Kristina – des enfants de six ans dont chacun est le parent du précédent – racontent, au cours d’une marche à rebours vertigineuse, la violence du monde qui est le nôtre, de San Francisco à Munich, de Haïfa à Toronto et New York. Quel que soit le dieu vers lequel on se tourne, quelle que soit l’époque où l’on vit, l’homme a toujours le dernier mot, et avec lui la barbarie. C’est contre elle pourtant que s’élève ce roman éblouissant où, avec amour, avec rage, Nancy Huston célèbre la mémoire, la fidélité, la résistance et la musique comme alternatives au mensonge.

Donc, comme le dit plus ou moins le résumé, le livre est divisé en 4 parties: on commence par rencontrer Sol, 6 ans en Californie, puis son père quand il avait 6 ans, puis sa grande mère quand elle avait 6 ans pour finir avec Erra quand elle avait 6 ans en Allemagne pendant la seconde guerre mondiale.

Pour être honnête, au début, j’ai failli refermer ce livre sans l’avoir lu entièrement. Sol est incroyablement antipathique et irréel pour un enfant de 6 ans. Heureusement, on passe assez vite à l’histoire de son père et c’est finalement là que les choses commencent pour de vrai selon moi.

A partir de là, on se laisse porter par l’histoire, on passe d’une génération à l’autre et on voit comment la vie des parents a influencé la vie de leur enfant, voir de leurs petits enfants. 4 générations brisées par un épisode pendant la seconde guerre mondiale: Les Lebensborn dont je vous ai déjà parlé ICI. C’est un voyage autour du monde, c’est une intrusion dans différentes familles, ce sont des personnages qui vont fatalement vers leur destin et on ne peut rien faire pour les arrêter.

Je ne sais pas quoi penser de ce livre, j’ai beaucoup aimé les dernières histoires mais l’histoire de Sol m’a totalement gâche le tout. Cet enfant ressemble plus à un vieux pervers taré qu’autre chose. Il laisse un sale goût dans la bouche lors de la lecture et ce ne sont pas les 350 autres pages qui ont réussi à m’ôter cette mauvaise impression de la gorge. Surtout: je n’ai pas compris à quoi il servait. Je n’ai pas compris où voulait en venir l’auteur. Les trois autres: oui, on comprend bien comment on en arrive là, mais ce petit être dégoûtant, non. J’ai l’impression qu’il s’est perdu dans le mauvais scénario. Il ne sert à rien. Quel message a bien voulu faire passer Nancy Huston ? Je ne sais pas.

Je ne suis pas sûr de vous le recommander, ou alors commencer directement çà la page 131. je ne sais pas. Pour moi, c’est trois birdybooks…

L’avez vous lu ? Avez vous lu d’autre livre de cet auteur ? Qu’en avez vous pensé ?

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Le pensionnat des jeunes filles sages – Anton Disclafani

9782253179344-TParfois, il y a des livres auxquels vous ne croyez tout simplement pas. Vous leur faites l’honneur d’être lu mais franchement, vous pensez déjà vous ennuyer. J’ai lu ce livre avec cette appréhension là. Il était dans ma PAL, il fallait bien qu’il soit lu un jour ou l’autre.

Années 1930, Caroline du Nord. À la suite d’une tragédie familiale, Thea est admise dans un internat pour jeunes filles de la haute société sudiste. Là-bas, on inculque une éducation très stricte aux futures épouses et on remet dans le droit chemin les âmes égarées. Thea, qui a jusqu’alors vécu en toute liberté, va devoir se plier à ces nouvelles règles. Le pensionnat est tenu par un couple sévère qui connaît les véritables raisons de sa venue. Si Mme Holmes juge et condamne, son mari se montre bien plus compréhensif avec la ravissante jeune fille. Rebelle, brave jusqu’à l’inconscience, et surtout, avide de croquer la vie, Thea prend tous les risques, balaie les conventions, bouscule les préjugés. Or depuis la nuit des temps, une telle arrogance se paie au prix fort…

Du coup, vous allez me dire « Et pourquoi tu l’as lu si tu ne pensais pas l’apprécier ? ». Et bien pour deux raisons: primo: parce que l’histoire se passe dans les années 30 et que, donc, ça méritait le coup d’oeil. Deuxio: parce que ça m’aurait permis de dire « bon voilà, j’ai essayé, il est nul, je peux passer à autre chose ! ».

Et finalement… J’ai adoré. Je ne l’ai pas lâché. Je l’ai même lu dans le métro de beau matin ! – et je ne suis vraiment le genre de fille qui lit alors qu’elle est réveillée depuis moins d’une heure…

Dès le début, j’ai accroché au caractère de Théa. Elle nous parle franchement, et dit les choses comme elles sont. Cette enfant a vécu en autarcie toute sa vie et ne sait donc pas « ce qui se dit, ce qui se fait » et une erreur de jeunesse banale à notre époque devient une erreur fatale à toute une famille en 1930.

La grande crise s’abat sur l’Amérique et les familles les plus riches du continent perdent peu à peu leur fortune. Pour les filles, cela est pire. Elles n’ont qu’une  chance de s’en sortir: se marier, et pas à n’importe qui, non non, elles doivent faire « un beau mariage ».

On comprend très vite que Théa a été envoyéE dans un pensionnat pour jeune fille à cause d’un garçon. Sa famille la rejette et en croyant la punir, et lui offre finalement une vie normale de jeune fille de 15ans. Elle découvre son corps, les jeux féminins et apprend à vivre en société.

Quand on lit les critiques sur internet, le reproche principal c’est: la longueur du livre. Moi ça ne m’a pas dérangé mais en effet, il ne se passe « pas grand chose ». C’est finalement plus une peinture de la société des années 30 vu par une femme. Je pense que c’est le genre de livre qu’on adore ou qu’on déteste.

Alors pour moi, ça sera 5 Birdybooks. J’ai tout aimé, le style, le cadre, l’histoire.

5birdybook

L'étrange histoire de Benjamen Button – Francis Scott Fitzgerald

benjamin button

D’habitude, je ne lis jamais un livre dont j’ai déjà vu le film. Ça m’ennuie. Mais quand je suis tombée sur le petit livre à 2€ de l’incroyable histoire de Benjamen Button j’ai été assez étonnée. Comment les réalisateurs ont ils réussi à retranscrire 100 petites pages en un film d’environ deux heures ?!

Jamais Roger Button n’aurait pensé que la seule évocation de son nom puisse, un jour, faire trembler d’effroi un hôpital voire une ville tout entière… Et pourtant… En ce matin de septembre 1860 M. Button, n’en croit pas ses yeux. En pleine maternité, se dresse dans le berceau de son nouveau né tant attendu, un homme de 70 ans à la barbe vénérable ! Et il s’agit bien de son fils ! Après cette entrée en fanfare dans la vie, Benjamin Button ne pouvait mener une existence comme les autres : né vieillard, il va vieillir jeune, à rebours des autres, de la nature, des ans. Il va voir ses parents se voûter, s’éteindre, sa jeune femme s’empâter et décliner tandis qu’il va retrouver peu à peu santé, vigueur, s’illustrer brillamment à la guerre, courir les fêtes et les mondanités… Au bout du voyage ? Une histoire étrange, extraordinaire et… le néant. Lire la suite