Million Dollar Baby – Cleant Eastwood

Il y a des réalisateurs avec lesquels on est sur de passé un bon moment. Cleant Eastwood fait parti de cette liste alors je n’ai pas été difficile à convaincre quand un ami m’a proposé de regarder ce film.

Rejeté depuis longtemps par sa fille, l’entraîneur Frankie Dunn s’est replié sur lui-même et vit dans un désert affectif, en évitant toute relation qui pourrait accroître sa douleur et sa culpabilité. Un jour Maggie Fitzgerald, 31 ans, pousse la porte de son gymnase à la recherche d’un coach, afin de concrétiser le rêve d’une vie: Monter sur le ring.
Après avoir repoussé plusieurs fois sa demande, Frankie se laisse convaincre par l’inflexible détermination de la jeune femme. Une relation mouvementée, tour à tour stimulante et exaspérante, se noue entre eux, au fil de laquelle Maggie et l’entraîneur se découvrent une communauté d’esprit et une complicité inattendue…

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A partir de là, ça sent le scénario basique, au départ ça m’a même beaucoup fait penser au film La Rage au Ventre. Sauf que j’avais oublié un point essentiel: c’est un film de Cleant Eastwood et le jour où il fera un film classique, on en reparlera. Donc non, je ne vous spoilerais pas, mais non, ne vous attendez pas au scénario commun. Million Dollar Baby est un film poignant et éviter de le regarder si vous êtes dépressif car il n’a rien d’un film facile. C’est un film réaliste et c’est ce qui fait sa force. Il n’y pas de Happy End hollywoodien, Hilary Swank n’est pas une bombe parfaite, elle est plate et avec de trop grandes dents, et on l’aime pour ça, pour cette simplicité, pour ce grand sourire à la Julia Roberts. Cleant Eastwood, comme d’habitude est parfait et son duo avec Morgan Freeman fonctionne parfaitement. still-of-morgan-freeman-in-million-dollar-baby-(2004)-large-picture

Million Dollar Baby, au delà d’un film sur la boxe, est une histoire qui met en avant les relations humaines, le rapport aux autres, ces petits quelques choses de tous les jours qui font ce que vous êtes. Et c’est pourquoi vous n’avez pas besoin d’aimer la boxe pour regarder ce film.

La fin vous laisse la bouche ouverte, vous vous indignez qu’on ai pu vous laisser comme ca, sans un mot de plus, vous en voudriez encore. Ce film a du chien et je le conseille fortement.

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Lignes de faille – Nancy Huston

lignes_de_failleD’abord, je remercie Valentine pour m’avoir offert ce livre. Je sais que cela aura été le résultat de recherches minutieuses !

Entre un jeune Californien du XXIe siècle et une fillette allemande des années 1940, rien de commun si ce n’est le sang. Pourtant, de l’arrière-grand-mère au petit garçon, chaque génération subit les séismes politiques ou intimes déclenchés par la génération précédente. Monstrueuses ou drôles, attachantes ou désespérées, les voix de Sol, Randall, Sadie et Kristina – des enfants de six ans dont chacun est le parent du précédent – racontent, au cours d’une marche à rebours vertigineuse, la violence du monde qui est le nôtre, de San Francisco à Munich, de Haïfa à Toronto et New York. Quel que soit le dieu vers lequel on se tourne, quelle que soit l’époque où l’on vit, l’homme a toujours le dernier mot, et avec lui la barbarie. C’est contre elle pourtant que s’élève ce roman éblouissant où, avec amour, avec rage, Nancy Huston célèbre la mémoire, la fidélité, la résistance et la musique comme alternatives au mensonge.

Donc, comme le dit plus ou moins le résumé, le livre est divisé en 4 parties: on commence par rencontrer Sol, 6 ans en Californie, puis son père quand il avait 6 ans, puis sa grande mère quand elle avait 6 ans pour finir avec Erra quand elle avait 6 ans en Allemagne pendant la seconde guerre mondiale.

Pour être honnête, au début, j’ai failli refermer ce livre sans l’avoir lu entièrement. Sol est incroyablement antipathique et irréel pour un enfant de 6 ans. Heureusement, on passe assez vite à l’histoire de son père et c’est finalement là que les choses commencent pour de vrai selon moi.

A partir de là, on se laisse porter par l’histoire, on passe d’une génération à l’autre et on voit comment la vie des parents a influencé la vie de leur enfant, voir de leurs petits enfants. 4 générations brisées par un épisode pendant la seconde guerre mondiale: Les Lebensborn dont je vous ai déjà parlé ICI. C’est un voyage autour du monde, c’est une intrusion dans différentes familles, ce sont des personnages qui vont fatalement vers leur destin et on ne peut rien faire pour les arrêter.

Je ne sais pas quoi penser de ce livre, j’ai beaucoup aimé les dernières histoires mais l’histoire de Sol m’a totalement gâche le tout. Cet enfant ressemble plus à un vieux pervers taré qu’autre chose. Il laisse un sale goût dans la bouche lors de la lecture et ce ne sont pas les 350 autres pages qui ont réussi à m’ôter cette mauvaise impression de la gorge. Surtout: je n’ai pas compris à quoi il servait. Je n’ai pas compris où voulait en venir l’auteur. Les trois autres: oui, on comprend bien comment on en arrive là, mais ce petit être dégoûtant, non. J’ai l’impression qu’il s’est perdu dans le mauvais scénario. Il ne sert à rien. Quel message a bien voulu faire passer Nancy Huston ? Je ne sais pas.

Je ne suis pas sûr de vous le recommander, ou alors commencer directement çà la page 131. je ne sais pas. Pour moi, c’est trois birdybooks…

L’avez vous lu ? Avez vous lu d’autre livre de cet auteur ? Qu’en avez vous pensé ?

A voir pendant l'été… la rage au ventre de Antoine Fuqua

Alors, voilà le genre de film que je ne serais pas allée voir naturellement. La BA m’avait bien plu, la musique d’Eminem m’avait tenté… mais voilà, je m’attendais un peu à ce genre de film américain plein de sang et de testostérone…merci mais très peu pour moi. Et finalement, je suis allée le voir avec une amie.

Champion du monde de boxe, Billy Hope mène une existence fastueuse avec sa superbe femme et sa fille qu’il aime plus que tout. Lorsque sa femme est tuée, son monde s’écroule, jusqu’à perdre sa maison et sa fortune. Pire, la garde de sa fille lui est retirée, la justice estimant son comportement incompatible avec son rôle de père. Au plus bas, il trouve une aide précieuse en la personne de Tick Willis, un ancien boxeur avec lequel il reprend l’entrainement. Billy va devoir se battre pour trouver la voie de la rédemption et regagner ainsi la garde de sa fille.

Le film commence avec un match de boxe bien sanglant puis Billy Hope, le vainqueur, va rejoindre sa femme en robe courte puis ils rentrent chez eux, dans une énorme maison entourée d’un parc. Et là on se dit « okay, encore une connerie à l’américaine »…sauf que très vite, Billy Hope perd tout, point par point, et alors que sa vie se dénude, le scénario prend de la consistance.

Et bien j’ai adoré. Voilà, c’est dit. J’ai adoré ce film. Alors, oui, y’a du sang, des testostérones, mais y’a un scénario. Un vrai scénario. C’est ce qui manque souvent à ce genre de film. Souvent, dans ce genre de film, le scénario est juste un support pour nous mettre de jolies voitures, des culs et des gros muscles en gros plans. Et bien là, pas forcément.

Fuqua, nous offre un scénario qui a tout pour plaire: de l’action, des sentiments, de la tromperie, des combats et l’american dream. Jake Gyllenhaal est incroyable, surtout que je l’ai vu dans Zodiac il y’a pas longtemps, en journaliste maigrelet, et là…on le voit en bête pleine de muscles. C’est incroyable, cet acteur sait tout faire, c’est vraiment impressionnant. Ensuite je vous l’avais peut-être déjà dit mais j’adore Rachel McAdams. On la voit à peine mais c’est un sans faute. De nouveau, cette actrice peut passer d’un rôle en costume, à une comédie romantique à rôle dans ce genre, et on y voit que du feu.

La musique est géniale si vous aimez le genre et les plans pendant les matchs sont vraiment prenant. Je crois que j’ai passé la moitié du film à me cacher les yeux tellement la mise en scène est réaliste. Maintenant je le sais, je ne pourrais pas regarder de la boxe à la télé. C’est trop pour moi. Mais c’est là où le film est bon, vous allez vous surprendre à encourager les boxeurs.

Bref. Un film à voir. L’avez vous vu ? Qu’en avez vous pensé ?

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A voir pendant l'été… Boys de Mischa Kamp

J’ai entendu parler de ce film sur un blog (impossible de me souvenir duquel), et c’est simple, le soir même, j’étais au cinéma. J’ai adoré la bande annonce et je vous la propose ici:

J’avais été impressioné par la beauté des images et la candeur des personnages qui se dégageait du trailer. Et bien ce n’est rien comparé au film.
Boys parle d’un sujet qui revient finalement de plus en plus souvent: la découverte de l’identité sexuelle de deux adolescents.
J’ai trouvé que ce film dégageait une vrai poésie, une certaine pureté. Il traite pourtant de sujets difficiles: le deuil, l’homophobie.. Mais évite les dialogues lourds, les musiques tristes et les cadres lourds de sens. Au contraire, Mischa Kamp nous offre un film vrai, avec très peu de dialogue mais bien assez pour qu’on comprenne les personnages. On entre d’autant plus dans la psychologie des personnages qu’ils ne parlent pas. Le spectateur peut prendre des libertés, s’expliquer sa propre fin, faire ses hypothèses. J’y suis allée avec deux amies et aucune de nous n’a compris la même chose de la conclusion du film. Selon moi, ce n’est qu’un bon point de plus à ajouter à la liste.
J’ai adoré les deux acteurs néerlandais. Je sais que ce n’est pas censé être un argument: mais ils sont incroyablement beau tous les deux. J’ai adoré leur regard, leur jeunesse. On y croit, leur sourire nous pousse à sourire aussi et leur bêtise d’adolescent nous attendrie.

C’est un film court mais il n’en faut pas plus pour nous convaincre que Boys est un bon film. Je vous conseille à tous d’aller le voir, un peu de douceur dans notre monde, ça ne se refuse pas !

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A voir pendant l'été… Mustang de Deniz Gamze Ergüven

Je reviens du cinéma où je suis allée voir Mustang. J’en avais entendu parler par des amis, on m’avait dit « oulala, c’est prenant ! tu ressors pas bien ! ». Et bien je pourrais limite arrêter la critique là. Car c’est ça Mustang, ça vous prend aux tripes et vous ressortez avec un je ne sais quoi qui vous rend mal à l’aise. C’est physique.

Comme je suis une bloggeuse digne de ce nom, je vais tout de même tenter d’ébaucher un semblant de critique plus développée.

La force du film est la vitesse avec laquelle on rentre dans l’histoire. Tout se passe si vite, qu’on a rien le temps de voir venir. Pendant tout le film on se dit « mais comment on en est arrivé là !? ». On passe du rire aux larmes en se demandant quand est ce que cela va finir. La punition semble disproportionnée à ce qui n’était censé être qu’un jeu.

Il n’y a aucune introduction à tout ça et pourtant on comprend tout, on n’a pas besoin d’explications supplémentaires pour anticiper l’horreur de la situation que ces jeunes filles prennent avec le plus grand calme.

Et là aussi, on touche un point important : il n’y a aucune scène violente, les 5 sœurs restent calmes pendant tout le film, un calme incroyable qui rend les événements encore plus atroces. Peut-être que si ça bougeait, si ça criait, on aurait moins de mal à supporter les faits. Mais au contraire, tout se fait avec l’accord de tous les protagonistes. Ou presque.

J’ai beaucoup apprécié le jeu des acteurs et je trouve les 5 actrices principales sublimes. Que ce soit d’un point de vue de la beauté mais aussi de leur geste, de leur naturel, de leur jeu, elles nous permettent toutes 5 de mieux comprendre cette culture qui n’est pas la notre. Un grand bravo au réalisateur qui a réussi à trouver 5 jeunes filles qui se ressemblent et qui auraient pu être sœur. Leurs yeux a toutes 5 sont très parlant et leurs regards nous accompagnent pendant tout le film.

Je ne suis pas du genre à tenir des discours du genre « ah quand même qu’est ce qu’on a de la chance en France, y’en a dans les autres pays qui mangent pas tous les jours, qui vont pas à l’école, qui peuvent pas se soigner ». Ca m’a toujours semblé absurde de comparer l’incomparable. Pourtant, je suis sortie de ce film en me disant « quelle chance j’ai ! ».

Alors pour moi, c’est un film à voir, et même peut être à revoir histoire de mieux digérer le résultat de ces 5 destins si durement bousculés.

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