Sur la plage de Chesil – Ian McEwan

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Il en est passé du temps depuis la première fois que j’ai ouvert un livre de Ian McEwan à l’université (Expiation, j’avais été incapable de lire plus de 30 page…). Désormais je dévore ses livres. Pour moi, il est comme un Amélie Nothomb – en mieux, parce qu’avouons-le, elle est de plus en plus overrated – je suis toujours su d’aimer ses livres. Le sujet peut me plaire plus ou moins, mais je suis sûre de passer du bon temps. C’est noir, piquant et souvent assez fataliste. Et pourtant, il y a toujours une touche de douceur dans ses histoires. Quelque chose qui ne vous laisse pas insensible.

« Ils étaient jeunes, instruits, tous les deux vierges avant leur nuit de noces, et ils vivaient en des temps où parler de ses problèmes sexuels était manifestement impossible… » Le soir de leur mariage, Edward Mayhew et Florence Ponting se retrouvent enfin seuls dans la vieille auberge du Dorset où ils sont venus passer leur lune de miel. Mais en 1962, dans l’Angleterre d’avant la révolution sexuelle, on ne se débarrasse pas si facilement de ses inhibitions et du poids du passé. Les peurs et les espoirs du jeune historien et de la violoniste prometteuse transforment très vite leur nuit de noces en épreuve de vérité où rien ne se déroule selon le scénario prévu.

Encore une fois, le charme opère pour moi. J’ai acheté ce livre quand j’étais dans les Cornouailles et le lendemain même, mes amis et moi avons fait un rapide tour sur les plages du Devon. Ainsi, quand j’ai lu ce livre, je pouvais encore entendre les mouettes au loin, sentir le vent sur ma figure et deviner les odeurs iodées des plages de cailloux blancs. C’est dans ce décors que nous amène l’auteur et qu’il nous présente ses deux personnages principaux, Edward et Florence. Ces deux-là ont l’air fait l’un pour l’autre jusqu’à ce que… la nuit de noce tourne au carnage sentimentale.  Florence est totalement dégoutée par la sexualité en général mais dans cette société traditionnelle elle est incapable de l’avouer ou d’en parler, de se détendre face à ce sujet. Ainsi, toute discussion est impossible et le couple se retrouve murer dans un silence qu’ils sont incapable de briser.

Et c’est là, que je vais tourner un peu ma critique… pour rebondir sur une autre critique. Je vous encourage à lire cet article du Monde :

https://www.lemonde.fr/livres/article/2008/09/11/sur-la-plage-de-chesil-de-ian-mcewan_1093958_3260.html

Alooors…. Je suis généralement d’accord avec une partie de cette critique : le mutisme.

Comme l’explique Florence dans sa critique, une grande partie du livre est basé sur … le silence. L’incapacité de sortir des mots de sa tête. Ne pas trouver la manière de dire quelqu’un placé si profondément en soit.

Nous avons tous vécu cet angoissant moment où nous devons dire quelqu’un chose de si intime à quelqu’un, que les mots nous manquent pour en décrire la complexité.

Le personnage de Florence est handicapé par son incapacité à placer des mots sur ses sentiments, par ses années d’éducation traditionnelle dans une Angleterre pre-révolution sexuelle.

Là ou je n’ai pu m’empêcher de faire un bond en lisant la critique… c’est quand la journaliste dit :

« Que s’était-il passé ? Trois fois rien, si l’on y songe. Une nuit de noces ratée. Une lune de miel qui tourne au fiasco pour cause de maladresse au lit. Une non-histoire en somme… « 

Et là… je n’ai pu m’empêché d’être en total désaccord. Si vous n’avez pas lu le livre, ma critique contiendra peut être de léger spoiler.

Le refus de sexualité de Florence n’est pas ‘Trois fois rien. ». Pendant tout le livre, je n’ai pu m’empêcher de penser que son refus est si total, que ce n’est pas quelque chose qui pourrait changer. Et de la même façon, Edward n’est coupable de rien non plus. Ce n’est pas une « non-histoire », c’est juste une histoire qui n’aurait jamais existé en 2018 car les personnages auraient pu se connaître mieux beaucoup plus tôt et tout cela n’aurait pas eu lieu.

Ce livre est l’histoire d’un silence, d’un fossé entre les personnages qu’ils n’auraient jamais imaginé car leur ignorance et leur incapacité à en parler ne leur pas permis d’en être conscient.

C’est un petit bijou que nous offre Ian McEwan, il vous invite dans la suite nuptiale d’un couple à l’instant même où tout prend fin.

Bref. 5 petites tasses pour moi.

cinq tasses bleues

 

Vous en voulez plus ?

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