Le secret d’Elena Ferrante

elenaferrante

Je suis en train de lire le tort du soldat d’Erri de Luca et un passage m’a donné à réfléchir:

(Le narrateur parle du fait que son auteur préféré s’est fait fusiller pendant la seconde guerre mondiale et qu’il n’y a plus de corps- je traduis moi même le passage alors il possible que cela ne soit pas écrit comme ça dans la version française)

Je ne vais pas sur la tombe des auteurs aimés mais je tape du point sur la table de mon siècle qui a ôté au passant la possibilité d’une pause devant la pierre tombale d’Isaac Babel.

Et par un saut de mot à mot et d’idée en idée, je me suis mise à penser au dernier scandale sur la révélation de l’identité d’Elena Ferrante.

Cela fait un moment que je voudrais en parler sans mettre les mots exactes sur ma pensée.

Tout d’abord j’aimerais dire que je n’ai lu que deux articles à ce sujet et que je n’ai pas voulu aller plus loin. Je ne suis pas non plus ce genre de lectrice qui va sur les tombes d’illustres auteurs, encore moins au salon pour me faire dédicacer un livre par une personne que je ne connais pas, qui me souri, me demande mon nom, et inscrit un message lambda sur mon livre.

En plus de cela, à chaque fois que j’ai voulu en savoir plus sur un auteur, j’ai été incroyablement déçu par le personnage. Par exemple Pagnol, cet enfant qu’on imagine courir dans les champs de lavande, et finalement on apprend qu’il a eu des enfants de femmes differentes, qu’il n’a jamais accepté de reconnaître ..

Alors moi, de l’identité d’Elena Ferrante, autant vous dire que je m’en fichais. Le journaliste qui a tout dévoilé a expliqué qu’il faisait cela car elle mentait à ses lecteurs – Elena Ferrante avait écrit une fausse autobiographie à la demande de son éditeur. Je trouve cet argument tout à fait discutable. Elena Ferrante avait toujours dit quelle ne souhaitait pas donner son identité, ainsi est ce vraiment un mensonge d’avoir écrit une fausse biographie ? Son lecteur n’était il pas mis en garde ?

Ensuite, pour qui se prend ce journaliste ? Pour un justicier masqué ?

Mais alors j’en arrive à me dire que je ressens exactement les mots qu’à écrit  Erri De Luca. Si cette révélation impacte la volonté d’Elena Ferrante de continuer à écrire,  je « tape sur la table de notre siècle de communication et d’anti-anonymat » pour avoir ôté la possibilité de découvrir toujours plus la plume de cette incroyable auteur.

(C’est plus classe quand c’est Erri De Luca qui le dit ! C’est un peu pompeux quand c’est moi qui le dit !)

Quelque soit la raison et la méthode qui a été utilisé cela ne valait pas la peine face a la possible perte.

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