Amélie Nothomb mérite-t-elle encore son succès ?

Dans mes derniers articles au sujet d’Amélie Nothomb je remarque que j’ai tendance à me répéter: je continue à lire Amélie Nothomb parce que je la considère comme un classique de la littérature contemporaine …mais je ne suis plus du tout transcendée par ce qu’elle écrit. Quand j’ai connu Amélie Nothomb j’étais au collège je pense, et j’avais dévoré ses romans. C’était comme une friandise. C’était délicieux, ça fondait dans la bouche, c’était sucré et meme parfois acide, j’en dévorais un et tout de suite, je sentais le manque, il fallait recommencer jusqu’à l’overdose ! Jusqu’au mal au ventre.

Heureusement pour nous, Amélie Nothomb ne pond qu’un roman par an, et on évite donc l’indigestion… sauf que… Plus le temps passe, et plus ses romans me laissent un goût amer. Je les commence en attendant la surprise, le Bonheur et…rien ne vient. C’est un peu comme un Ferrero Rocher sans la noisette, c’est bon, mais c’est pas la même chose.

9782226318091-j.jpgCette année, j’ai recommencé. J’en ai de nouveau lu un: Le crime du comte Neville . C’est ma soeur qui me l’a offert, sinon je ne l’aurais surement pas acheté, mais puisqu’il était là, sous le sapin de Noel, il fallait que je lui fasse honneur. Et de nouveau… une déception. Oui c’est bon, oui ça se lit bien, oui les personnages sont prenants sauf que …non. Il n’y a plus cette étincelle d’autrefois. Il manque la noisette, voilà tout.

Doit-on en plus souligner le fait que ce roman, au niveau du sujet, est une copie parfaite du roman d’Oscar Wilde ? Certes, les personnages changent mais l’idée reste la même : un homme apprend par une voyante qu’il tuera quelqu’un, et, sans remettre en doute ne serait-ce qu’une seconde cette prophétie étrange, il préfère choisir qui il va tuer afin de s’oter cela de sa TO DO LIST. En gros. On s’attend donc à quelque chose en plus, quelque chose qui approfondit l’histoire de Wilde. Mais non, même pas.

Les romans d’Amélie sont toujours plus fins, écrit toujours plus gros, au point qu’on se demande si on peut encore les appeler Romans puisqu’imprimé dans la police habituelle, ils seraient sans aucun doute sous les 100 pages. Le prix du livre de poche tourne désormais autour de 8€50… ça fait cher la centaine de pages… et tout ça pour des histoires toujours moins approfondies. On rencontre des ombres de personnages plutôt que des personnes en chair et en os, finalement, chaque roman ou presque a son mort, et pour peu qu’on devine qui il est dès les premières pages du roman, ça ne vaut presque plus le coup de lire la suite.

Comment expliquer cela ? Est-ce qu’Amelie se repose sur ses lauriers ? Est-elle devenue si sure de ses capacités qu’elle ne cherche même plus à les démontrer ? Est-ce son rythme trop soutenu ? Un roman par an, c’est bien, mais pour une qualité moindre, c’est peut-être même trop.

Est ce qu’Amélie Nothomb mérite encore son succès d’autrefois? Personnellement, je pense que si j’avais lu en premier l’un de ses romans actuels, je n’en aurais surement jamais lu d’autres. Alors je répondrais non à cette question.

Mais je vous laisse répondre vous aussi. Qu’en pensez vous ?

3birdybook

 

Publicités

24 réflexions sur “Amélie Nothomb mérite-t-elle encore son succès ?

  1. Je suis heureuse de trouver quelqu’un qui partage mon ressenti! Je commençais à me sentir comme une alien^^ Ma dernière déception en date a été « Barbe Bleue », dont le conte original est une source d’inspiration incroyable, et dont Mme Nothomb n’a, à mon humble avis, pas su en tirer tout le potentiel.
    En bref, je suis d’accord que son immense succès (elle a de vraies groupies!!) m’est un peu incompréhensible…

    Aimé par 2 people

    1. Oui moi aussi j’ai été affreusement déçu par Barbe Bleue. Et puis cette nouvelle mode de reprendre des histoires existantes…et bien du coup on s’attend quelque chose d’incroyable et la plupart du temps on est déçu. Et je suis d’accord avec toi pour ses groupies, c’est incompréhensible…

      Aimé par 1 personne

  2. Très intéressant comme article, cela change des critiques dithyrambiques que l’on lit souvent sur la Dame. Pour ma part, je n’en ai lu qu’un, « Stupeur et Tremblement », il y a quelques années, pour aider mon jeune frère dans une étude de texte quand il était au collège. Je dois dire que si certaines choses m’avaient un peu amusée, je n’avais ressenti que peu d’empathie pour la narratrice/personnage principale très inspirée de l’auteure. C’est peut-être une simple question de goût, mais je n’avais pas accroché non-plus au style d’écriture de cette « longue nouvelle ». Donc si j’ai pensé lire d’aitres romans d’Amélie Nothomb, si j’ai pu être intriguée par les résumés, je n’ai jamais plus fait autre chose que de feuilleter ses ouvrages dans les librairies. D’autant plus qu’au rythme effréné d’un petit roman par an, j’avais peur que les ressorts narratifs se répètent.
    Le pire dans tout cela, c’est que le personnage Amélie Nothomb en lui-même semble assez intéressant, elle nous change un peu, avec sa tête de poupée, ses tenues noires, ses chapeaux et ses mitaines rayées, du look du parfait écrivain grisonnant et intello ou intello. C’est donc dommage que sa prose ne le fasse pas ressortir, et j’avoue m’être demandé si au final, elle ne faisait que transparaître les démons et questionnements de cette femme plus que de raconter une véritable histoire. Les livres racontent Amélie, mais pas ses personnages…
    Je ne sais pas si on peut poser la question du mérite dans le succès, au final. Car tout le monde, si tant est que des efforts soient faits, mérite de réussir. Finalement, même si je ne nourris pas une admiration sans borne pour la dame, du point de vue d’un éditeur, elle mérite son succès car elle est prolifique et fait vendre. Et comme maintenant elle est reconnue, elle « fait bien » dans le paysage littéraire français, et ça, je pense que celui qui la publie le sait et capitalise sur cette image de marque. En termes pragmatiques, elle mérite donc son succès. Beaucoup de gens continuent de la lire, parce que ça « fait bien » aussi, et tant qu’ils achètent ses livres, ma foi, on considèrera, malheureusrement pour des lecteurs plus pointilleux et heureusement pour elle, qu’elle le mérite.

    De mon côté, je comprends tout à fait ton point de vue, car il y a un auteur qui m’a fait le même effet, et que j’ai cessé de lire. Rien d’aussi insolite qu’Amélie Nothomb, il s’agissait de Christian Jacq. J’étais fan d’Egypte ancienne quand j’étais collégienne et j’ai dévoré ses romans (Ramsès, Le Juge d’Egypte, La Reine Soleil) que je trouvais envoûtant. Et peu à peu, la magie est passé: je trouvais que les schémas des intrigues se répétaient, et que même le style d’écriture s’appauvrissait. J’ai finalement laissé tomber les ouvrages de Christian Jacq et mes goûts évoluant, les romans sur l’Egypte, puis les romans historiques tout court.

    Après, cela pose aussi la question du rôle de l’éditeur. Est-il un amoureux de littérature qui trouve un diamant brut et le polit un peu, ou un vendeur de livre? Personnellement, je pense que ce serait aussi le rôle d’un éditeur que de secouer un peu un auteur phare pour le pousser à innover. Mais tant que la recette se vend, je pense qu’on n’attend rien de plus. Tant mieux pour les auteurs qui marchent et à qui on fait de la pub, mais je trouve ça vraiment dommage pour les talents moins visibles, et pour des lecteurs qui comme toi sont un peu déçus ensuite.

    Aimé par 3 people

    1. Oh ben tiens! J’ai eu le même effet sur Christian Jacq. En fait je pense que c’est une bonne introduction à l’égyptologie, initiation même plus simplement. Mais d’un point de vue littéraire, ceux que tu as cité sont les meilleurs. Sans compter que lorsqu’on commence à avoir quelques connaissances sur le sujet, ça perd un peu son intérêt.

      Concernant Amélie Nothomb, j’ai aussi eu la même expérience que toi. J’ai lu Stupeurs et Tremblements; Oui, bon, certes mais sans plus… J’ai essayé d’en lire d’autres et je me suis demandé pourquoi on en faisait tout un plat. Avec le temps j’ai eu l’impression qu’on essayait de nous vendre plus une espèce de marque, une image, qu’un style… Ton article, Booky Boop, semble confirmer cette impression.

      Aimé par 2 people

      1. Et puis bon, dans mon esprit de lectrice, les écrits de Christian Jacq ont eu le malheur de se confronter à ceux de Pauline Gedge sur l’Egypte antique, aussi exotiques, mais aussi un peu plus crus et épiques, qui ne font pas l’impasse sur certains aspects sombres de cette civilisation.
        Pareil, quand ma mère et moi avons lu « Stupeur et Tremblement » pour aider mon frère, nous étions en mode: « Attends, c’est ça, Amélie Nothomb? » 🙂

        Aimé par 2 people

    2. Je pense personnellement que beaucoup sont amoureux d’Amélie et non plus de ses livres. C’est une auteur très spéciale avec un caractère bien trempée.
      Comme tu dis, il y a aussi la question de narrateur. Est ce que ce n’est pas son travail d’aller dire à son auteur qu’il n’est plus à la hauteur de sa réputation ? Parce que finalement , ainsi, cela semble seulement du marketing.

      Ma maman a plein de Christian Jacq que je n’ai jamais lu. Du coup si j’ai bien compris il vaut mieux me concentrer sur les premiers?

      Aimé par 1 personne

      1. Oui, des choses comme la trilogie du « Juge d’Egypte », « L’Affaire Toutankhamon », « La Reine Soleil » ou les « Ramsès ». « Pour l’amour de Philae » est sympas aussi. C’est très romancé, un peu idyllique, mais il y a une ambiance. 🙂
        Après, à partir de la « Reine Liberté », j’ai arrêté: le style était appauvri, les ressorts narratifs toujours les mêmes, les personnages toujours les mêmes, les femmes parfaites et les hommes pas intéressants, des interventions divines quand l’intrigue semble bloquée… Et je n’ai pas du tout aimé les anachronismes parfois très hasardeux.
        Mais si tu souhaite lire sur l’Egypte ancienne, je te conseille les écrits de Pauline Gedge. En particulier « Les Enfants du Soleil » et la trilogie « Seigneur des Deux-Terres » qui raconte les mêmes événements historiques que « La Reine Liberté » de Christian Jacq, mais avec un peu plus de couilles, si j’ose dire. 😉

        J'aime

  3. Que ce soit Amélie Nothomb ou un.e autre auteur.e, je me demande si ce n’est pas effectivement l’écrivain qui se repose sur ses lauriers, mais aussi que nous finissons par les connaître par coeur et/ou devenons plus exigeant.e.s… je pense que c’est un ensemble de chose, et la formule magique des débuts ne fait plus son effet. Il est temps d’en changer.

    Aimé par 2 people

  4. JE partage totalement ton avis !
    Après un véritable coup de cœur en tombant sur hygiene de l’assassin il y a une bonne dizaine d’années, j’en ai enchainé un paquet … et au fur et à mesure la lassitude. Effectivement, c’est toujours la même chose, plus de suspens et des fins qui finissent par être décevante !
    quant au prix et à la quantité, n’en parlons pas !
    une grande déception pour ma part …

    Aimé par 1 personne

  5. Etant donné que j’ai découvert Amélie Nothomb relativement récemment, je ne ressens pas autant ta déception, cela dit on est d’accord sur le fait qu’elle publie trop de romans, qu’elle devrait prendre le temps de peaufiner. Perso je trouve que ces derniers romans se laissent lire mais effectivement c’est inabouti, on sent une certaine pression commerciale derrière et peut-être qu’elle se repose sur ses acquis. Je pense que tu es déçue parce qu’on connait de quoi elle est capable.

    Aimé par 1 personne

  6. Je suis absolument d’accord ! Comme toi je l’adorais, à l’époque où j’étais au lycée, et aujourd’hui je suis vraiment déçue de tout ce qu’elle fait, au point que, lorsque je reçois ses romans en cadeau, ils prennent la poussière dans ma PAL. Et ce n’est pas plus mal au final. Je les lirai un jour, certainement.

    Aimé par 1 personne

  7. Bonjour,

    Le dernier livre d’Amélie Nothomb que j’ai lu c’est « une forme de vie », j’avais beaucoup aimé, l’écriture est fluide, l’histoire toujours originale mais… bizarrement, ça ne suffit pas, il y a un truc qui fait que je n’ai jamais envie de recommencer. Peut-être que ça ne me fait pas assez « voyager »? Bref, je ne suis pas assez connaisseuse de son univers pour prendre parti mais ton avis est intéressant et partagé par beaucoup 😉

    J'aime

  8. J’aurais pu écrire ton article mot pour mot. Je pense exactement la même chose !
    A chaque lecture (depuis pas mal d’années maintenant), je me demande où est passée l’auteure d’Hygiène de l’assassin ?
    Je continue de lire tous ses romans, mais ils ne suscitent que la déception.

    J'aime

    1. Je pense que c’est un style qui fascine au début et puis on finit par faire une overdose ! Ces derniers livres selon moi ne sont pas aussi bons. si tu les lis, dis moi ce que tu en penses !

      J'aime

  9. Je comprends ce que tu ressens quand tu dis que tu n’as plus la petite étincelle de ses débuts.
    Je n’aime pas cette petite étincelle justement. Ses premiers livres, en général ils ne sont pas passés pas alors je crois que c’est pour ça que j’aime ses dernières parutions.

    J'aime

Une petite pensée ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s