Si c’est un Homme – Primo Levi

Il y a des livres qu’il « faut » lire, et je pense que ce livre est dans cette liste. Je suis de retour à Milan depuis désormais un mois et je n’ai pas pu amener ma valise de livre comme je le souhaitais. Du coup, je me suis retrouvée ici, sans rien à lire. Il a fallu que j’aille fouiller dans la bibliothèque de l’homme et j’ai surtout trouvé des classiques qu’il a du lire au collège et entre autre… Se questo è un uomo de Primo Levi. Alors je me suis jetée dedans.

Si c’est un homme raconte l’expérience de son auteur dans le camp d’extermination d’Auschwitz durant la Seconde Guerre mondiale. Primo Levi explique, à partir de son quotidien dans le camp, la lutte et l’organisation pour la survie des prisonniers. Tout au long de ce récit, il montre les horreurs de la déshumanisation des camps.

Avec un tel résumé vous comprendrez que je m’attendais à un texte dure, difficile à digérer, je serais déjà les dents. Alors quel a été mon choc quand après avoir lu une trentaine de page j’ai du me faire une raison: ce n’est pas du tout le cas.

Tout au long de son récit, le narrateur utilise des termes neutres. Il n’en ressort aucune haine, aucune peur, aucun sentiment négatif.

Les faits dont il parle avec tant de simplicité semblent si irréel que si je ne connaissais pas l’Histoire, je n’y aurais pas cru. Il y a une telle différence entre la réalité des faits et la manière dont ils nous sont contés que je n’arrivais pas à être émue.

Et pourtant tout est dans ce livre: c’est le triste moment où l’Histoire rencontre l’histoire de Primo Levi et lui, il n’est pas là pour nous émouvoir ou occuper son public, il se fait juste un devoir de raconter les faits comme il les a vécu. Ni plus ni moins.

Mais cela a aussi une explication. Dans l’édition que j’ai lu, l’auteur se permet de répondre aux questions que le lecteur peut se poser: Il ne ressent aucune haine contre les allemands et aucun besoin de vengeance. Tout simplement car selon lui, la haine est un sentiment animal, sauvage, et qu’il ne sent pas de ceux qui sont capable de tels sentiments. Néanmoins il le dit: il ne pardonne pas. Rien n’est oublié.

Je suis ressortie de ce récit comme d’un reve étrange. Vous savez, ces rêves dont  vous ne vous souvenez pas quand vous vous réveillez et pourtant qui vous ont laissé dans la perplexité ? Vous n’arrivez plus à dire de quoi il s’agit exactement, mais vous le savez, c’était un mauvais reve.

Ce livre est ainsi, il vous met en transe et laisse une trace dans votre cerveau, de celle qui ne s’en vont pas si facilement.

Voi che vivete sicuri
Nelle vostre tiepide case,
Voi che trovate tornando a sera
Il cibo caldo e visi amici:

Considerate se questo è un uomo
Che lavora nel fango
Che non conosce pace
Che lotta per mezzo pane
Che muore per un sì o per un no.
Considerate se questa è una donna,
Senza capelli e senza nome
Senza più forza di ricordare
Vuoti gli occhi e freddo il grembo
Come una rana d’inverno.

Meditate che questo è stato:
Vi comando queste parole.

Scolpitele nel vostro cuore
Stando in casa andando per via,
Coricandovi alzandovi;
Ripetetele ai vostri figli.

O vi si sfaccia la casa,
La malattia vi impedisca,
I vostri nati torcano il viso da voi.

Primo Levi – “Se questo è un uomo”

5birdybook

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8 réflexions sur “Si c’est un Homme – Primo Levi

  1. Effectivement livre à lire. Je ne me souviens plus des détails pour l’avoir lu au collège 😦 mais je ne suis pas sûre d’avoir le courage de le lire de nouveau… J’ai toujours un immense sentiment d’incompréhension quand je lis des livres sur les camps.

    Aimé par 1 personne

  2. J’ai été extrêmement touchée par ce livre, bouleversée. Lu en italien, c’est justement le ton neutre qu’emploie Primo Levi qui rend la lecture si difficile. Cette indifférence dans laquelle se déroule le récit accentue tout particulièrement le sentiment de déshumanisation. Je n’ai pas réussi à le lire d’une traite. J’en parle aussi, ici : https://curieusegrignoteuse.wordpress.com/2015/10/07/se-questo-e-un-uomo-primo-levi/

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    1. Oui c’est vrai ! Une amie m’a dit qu’elle s’était renseigné sur l’auteur et que c’est aussi psychologique: ‘auteur est incapable d’en parler comme de quelque chose qui lui est arrivé personnellement, il tourne le tout d’une manière journalistique et un peu « froide ». il n’a jamais réussi à passer le cap en gros.

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